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La Russie piétine devant l’OMC depuis 15 ans

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Guy Mettan
Journaliste et politicien
08.06.2009 | 11:24
Lassée, elle menace de claquer la porte.

La Russie est en train de battre tous les records de durée pour les négociations d’accession à l’OMC. Tout le monde se dit d’accord (sauf la Géorgie), mais rien ne se passe. A Moscou, la colère monte et renforce le camp anti-libéral et anti-occidental, qui menace d’arrêter les frais et de créer une union douanière avec la Belarus et le Kazakhstan.

Depuis 1995, les délégations russes se suivent à Genève pour négocier l’accession de la dernière grande économie mondiale à l’Organisation mondiale du commerce. Entretemps, tous les autres impétrants ont été admis, Chine, Ukraine, Vietnam, îles du Pacifique… Mais l’adhésion de la Russie bute toujours sur des obstacles cachés, des non-dits, qui relèvent davantage de la géopolitique que de l’économie. Officiellement, et Géorgie mise à part, tous les membres se disent favorable à la candidature russe. Même Barack Obama a confirmé son soutien au président Medvedev lors de leur entrevue de Londres en avril dernier. Les négociations bilatérales ont été menées à bien, y compris avec l’Arabie saoudite, autre grand producteur de pétrole. Le dernier point à régler concerne l’inventaire des tarifs douaniers. Mais le problème pourrait être rapidement résolu si les responsables de l’OMC décidaient de mettre le paquet. Et il n’a de toute façon pas empêché des pays comme l’Ukraine de devenir membres de plein droit de l’organisation avant d’être réglé.

Pour la Russie, le temps presse et Moscou souhaite vivement aboutir à une adhésion avant la fin 2009, pour différentes raisons. Tout d’abord, le mandat de négociation de l’actuelle équipe arrivera à échéance à la fin de l’année. Il n’est pas du tout dit qu’il soit renouvelé. Après 15 ans de négociations infructueuses, la lassitude gagne. Mais ce qui est plus inquiétant, cette indécision est ressentie comme une vexation par le camp anti-libéral, traditionnellement puissant dans l’administration russe et certains ministères. Pourquoi continuer à complaire à des Occidentaux fortement suspectés de multiplier les entraves à l’adhésion russe ? Le fait que de larges pans de l’économie russe sont opposés à l’ouverture des marchés et font pression sur une bureaucratie déjà peu enthousiaste pour freiner l’établissement de la liste des produits et services soumis à l’accord tarifaire n’arrange pas les choses.

A Moscou, au sein du gouvernement comme dans la rue, les voix se multiplient donc pour réclamer un abandon des négociations avec l’OMC et conclure avec le Kazakhstan et la Belarus, également candidats à l’OMC, la création d’une union douanière commune qui ferait pendant à l’OMC. Restauration de l’ancien Comecon ? Pas encore. Mais l’esprit n’en est pas loin. Rien n’empêcherait l’Union Russie-Belarus de repartir sur de nouvelles bases en l’élargissant au Kazakhstan et cela en 2010 déjà.

L’Occident, et l’Europe en particulier, auraient beaucoup à perdre si un tel scénario se produisait. Ce qui est en jeu, c’est un basculement probable de la Russie du camp pro-occidental, pro-libéral, pro-ouverture, et qui est encore majoritaire au Kremlin, dans le camp du protectionnisme, du nationalisme, du repli sur soi et du culte des valeurs slaves. Bref, ce ne serait une bonne nouvelle ni pour l’OMC, ni pour l’Europe, ni pour la démocratie, ni pour les défenseurs des libertés.

Pour la Russie elle-même, la victoire du protectionnisme et de la rupture compromettrait le programme de transformation de l’économie que le Kremlin s’est donné pour la prochaine décennie et qui consiste à passer d’une économie de rente pétrolière et d’extraction de ressources naturelles à une économie de PME et d’entreprises innovantes d’ici 2020. La pression de la crise et la nouvelle orientation prise contraindraient le gouvernement à privilégier les investissements devenus plus rares dans le secteur primaire traditionnel. Sur le plan politique, on assisterait à une montée en puissance du nationalisme.

Pour l’OMC, une telle issue serait aussi un échec. Si la Russie claque la porte des négociations, l’OMC aura fait la preuve qu’elle a été incapable de gérer convenablement l’adhésion de la dernière grande économie de la planète. Alors que le protectionnisme se renforce et que les négociations du round de Doha sont dans l’impasse, le signal est particulièrement négatif. Quinze années d’efforts seraient effacées d’un coup et il faudrait recommencer à zéro avec la candidature, cette fois-ci, de la nouvelle Union douanière. Les statuts de l’OMC permettent en principe l’adhésion d’unions douanières. Mais le cas ne s’est encore jamais produit...

Pour la Suisse et Genève enfin, un tel échec n’annonce rien de bon non plus. Les deux pays ne sont pas en concurrence et la Suisse soutient officiellement l’adhésion de la Russie. Mais Berne reste d’une extrême prudence, alors qu’elle avait su mettre les bouchées doubles pour faire avancer le dossier chinois. La Russie, depuis 1945, a toujours été un partenaire fiable et l’un des meilleurs soutiens de la Genève internationale, dont elle a toujours privilégié la position, comme on l’a encore vu en avril dernier avec la rencontre Hillary Clinton-Serguei Lavrov. Ce serait dommage de perdre cet atout.








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René Kuhn "Zurück zur Frau - Weg mit den Mannsweibern und Vogelscheuchen, ein Tabubruch", Luzern, 2009
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Dieses Buch ist kein Ratgeber aus der pseudo-psychologischen Ecke, sondern eine Streitschrift, welche die Geschlechterbeziehung aus Männersicht...

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