La Russie et l’Iran, deux enjeux interdépendants pour l’Europe.
Celui qui s’est tenu le 14 novembre à Nice, n’a pas dérogé à la tradition. Au contraire même, dans un contexte économique mondial pour le moins dégradé, on a pu assister à une démonstration de bonnes intentions. Les présidents, de part et d’autre, ont simplement listé les thèmes de discussion à traiter et préciser leurs promesses respectives afférentes, tout en émettant des signes d’ouverture, à l’instar de Nicolas Sarkozy qui reprend l’idée russe du pacte de sécurité paneuropéen. Des ballons d’essai sont lancés. Pour autant, rien de concret n’est signé. La conférence de presse conjointe, de manière assez exceptionnelle, fait office de déclaration finale. Tout donc reste à faire sur pratiquement tous les domaines.
Les Européens auraient avantage à mettre à profit ce temps de reconstruction pour affermir leurs relations avec l’Iran. Idéalement, l’Europe devrait pouvoir intervenir sur les deux espaces, russe et perse, agir sur l’un en fonction de l’autre. Il en va de l’équilibre à court terme de sa zone de voisinage à l’est. En effet, il faut gérer la croissance du pôle de puissance iranien, qui exerce déjà une influence déterminante en Irak. A cela s’ajoute l’intérêt manifeste pour le Caucase Sud de la part de Téhéran, dont le contrepoids pourrait être très favorablement accueilli par au moins deux Etats, la Géorgie et l’Arménie. De plus, il faut noter que la coopération gazière s’accélère avec la Turquie, dont l’Iran est le second fournisseur (pour l’instant) après la Russie. Enfin, évidemment, il faudra sans doute devoir tenir compte prochainement de la capacité nucléaire iranienne, même seulement civile, dans la mesure où on ne pourra exclure un usage dual.
Pour toutes ces raisons, il serait bon du point de vue européen d’éviter une alliance russo-iranienne, qui créerait à l’évidence un axe de dépendances nuisibles sur deux enjeux majeurs : la sécurité et l’énergie. Il se formerait un binôme alternatif au modèle et à la norme occidentale. En d’autres termes, il paraît essentiel, pour l’Europe, de ne pas laisser la Russie et l’Iran s’entendre afin de ne pas avoir à l’avenir à faire face à une telle union de puissances. Il ne serait pas suffisant d’instaurer une relation triangulaire ; l’UE ne devrait pas se contenter de n’être que l’un des trois sommets. Il est recommandé plutôt d’agir de manière à éloigner l’Iran de la Russie et la Russie de l’Iran. On peut considérer de plus que si ce ne sont pas les pays européens qui s’immiscent, alors ce sont les Etats-Unis qui risquent de réagir, de manière plus radicale peut-être.
Dans cette perspective ainsi, le projet de pipeline Nabucco, qui doit approvisionner l’Union européenne (UE), au cours de la décennie 2010, en gaz de la mer Caspienne (azéri, turkmène) et notamment iranien, sans transiter par la Russie, change complètement de sens. Jusqu’alors, la Commission européenne ne l’opposait pas véritablement au projet parallèle South Stream organisé par Gazprom ; encore aujourd’hui, elle ne fait qu’affirmer sa préférence pour Nabucco sans interdire pour autant à ses Etats membres de s’engager au sein de South Stream, à l’instar de la France qui a fait savoir le 28 octobre, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, être intéressée par l’un ou l’autre et a suggéré d’inclure la Russie au sein de Nabucco (sauf à considérer que c’est une stratégie de pression sur la Turquie pour pouvoir intégrer uniquement Nabucco).
C’est à ces pratiques politiques précisément qu’il serait avantageux de mettre un terme au plus vite. Nabucco doit devenir la priorité absolue de l’indépendance énergétique de l’Europe. Cela serait une erreur aux conséquences dommageables et incertaines d’exclure l’Iran au profit de la Russie et de perdre finalement le contrôle des échanges énergétiques russo-iraniens sur le marché turc. Cela ne ferait que favoriser en fait un rapprochement entre l’Iran et la Russie, dont l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, deux pays majeurs sur le plan gazier, auraient beaucoup de peine à s’affranchir. En somme, dans l’intérêt européen, il semble que Nabucco devrait être perçu et soutenu comme un projet concurrent de South Stream. Il importe ainsi que la reconstruction par l’UE de sa relation avec la Russie s’accompagne d’une relance similaire des rapports avec l’Iran, qui ne doit pas seulement se limiter au nucléaire.
![]()
Женева
-6°C
6°C
Лозанна
-7°C
5°C
Лугано
-1°C
11°C
Цюрих
-8°C
5°C
![]() | René Kuhn "Zurück zur Frau - Weg mit den Mannsweibern und Vogelscheuchen, ein Tabubruch", Luzern, 2009 |
|---|---|
10.03.2010 | |
| Dieses Buch ist kein Ratgeber aus der pseudo-psychologischen Ecke, sondern eine Streitschrift, welche die Geschlechterbeziehung aus Männersicht... |
| Разместить Poster | Читать Lire |
![]() |






